L’idée de ce prix est née il y a deux ans d’une boutade entre Jessica Nelson et moi au cours du cocktail du prix Décembre. Et si nous montions un prix de femmes plus jeune que le Fémina ? Jessica m’a présenté Cécile David Weill qui a organisé un déjeuner avec Nathalie Rheims et Tatiana de Rosnay. A l’époque, nous pensions qu’il serait bon de nous adosser à un journal. Tatiana a proposé de prendre contact avec le magazine Psychologies : le prix est devenu « le prix de l’essai Mieux Vivre Psychologies ». Nous avons participé à l’organisation de ce prix, mais très vite, nous avons réalisé qu’il ne correspondait plus à notre idée de départ, à notre désir d’indépendance. A la rentrée suivante, nous avons repris notre projet de créer un prix du roman de femmes et nous avons proposé à Michèle Fitoussi, à Geneviève Brisac, à Gila Lustiger et à Karine Tuil d’y participer. Le lendemain d’un dîner où chacune a eu l’air emballé, ces quatre personnes se sont désistées par manque de temps, par crainte de se surcharger. Heureusement, je déjeunais avec Tatiana. Le ventre noué, je m’interrogeais. Tatiana est venue à la maison, m’a remonté le moral. Ensemble, nous avons rédigé des mails et, peu à peu, nous avons recomposé un groupe. Cette expérience nous a tout de même échaudées. Elle nous a incité à opter pour un jury souple, sans engagement da vitam. Nous avions des projets de sponsors pas franchement aboutis. Quand Christine Richard et Stéphanie Janicot nous ont dit que l’endroit le plus romantique et le plus littéraire était la Closerie des Lilas, nous les avons encouragées à en parler à Miroslav Siljegovic et à Carole Chrétiennot. Par chance, Carole souhaitait depuis un moment redonner à La Closerie des Lilas son prestige littéraire. Elle a accepté avec confiance et enthousiasme de nous accueillir à la Closerie des Lilas et que le prix devienne le Prix Lilas, comme l’avait suggéré Jessica quand nous cherchions une couleur équivalente à l’Orange Prize.
Emmanuelle de Boysson
