
A La Closerie des Lilas, haut lieu parisien de la littérature, était remis mercredi dernier, et pour la deuxième année consécutive, le prix Lilas. Quezako ? Le prix Lilas récompense un roman français écrit par une femme et publié entre janvier et mars de l’année en cours.
Lauréate
Cécile Reyboz, auteure d’un premier roman follement déjanté chez Actes Sud, intitulé Chanson pour bestioles. L’histoire de Marthe qui, un beau matin, décide de ne pas aller travailler. À partir d’aujourd’hui, elle fera uniquement ce qui lui plaît et la demoiselle n’a pas fini de vous étonner !
Dotation
Un stylo Montblanc Marlene Dietrich, édition limitée à 1901 exemplaires.
Une invitation pour toute l’année 2008 à La Closerie offerte par son propriétaire – qui est également celui du Flore – le flamboyant Miroslav. Et un jéroboam de champagne « La Grande Dame », Veuve Clicquot.
Le Jury
Il est tournant et composé des cinq fondatrices : Emmanuelle de Boysson, Tatiana de Rosnay, Carole Chrétiennot, Jessica Nelson et Stéphanie Janicot auxquelles s’ajoutaient cette année : Isabelle Alonso, Éliette Abécassis, Noëlle Châtelet, Audrey Diwan, Christine Ferniot, Michèle Fitoussi, Amanda Sthers et moi, bien contente de parler livres avec ces très drôles de dames.

Pourquoi que des filles ?
1 Pour attirer plus d’hommes à la soirée, pardi ! Dont : Frédéric Beigbeder, Tonino Benacquista, Gilles Cohen-Solal, Serge Joncour, Jean-Marie Rouart, Léo Scheer, Yves Simon, Philippe Sollers, Ariel Wizman, Florian Zeller, et tant d’autres avec qui nous avons dansé jusqu’à une heure du matin, sur la musique des super DJettes : Cécile et Tania des Putafranges…
2 Parce que c’est un bonheur de se retrouver entre copines et qu’on a beaucoup, beaucoup rigolé. Il y a eu les envolées « même pas mâle » de la solaire et réjouissante Isabelle Alsonso, les inénarrables imitations de Tatiana de Rosnay, les colères facétieuses de Noëlle Châtelet, le courage d’Emmanuelle de Boysson, la persuasion de Stéphanie Janicot, la stratégie d’Amanda Sthers, le franc-parler d’Audrey Diwan, les analyses au poil de Christine Ferniot, la douceur exigeante de Michèle Fitoussi et les coups de coeur de la passionnée Carole Chrétiennot qui a tout organisé. Comme dirait Julien Clerc dans son grand bêlement qui nous fait toujours des frissons : « Femmes, je vous aiiiime. »
3 Parce que les cerveaux féminins et masculins sont structurés différemment, c’est scientifiquement prouvé (cf. chronique du 26 octobre 2007) et que, physiquement, je ne vous fais pas un dessin. Parce que l’égalité n’a rien à voir avec l’identité et que cette différence féminine, c’est détendant de pouvoir l’exprimer.
4 Parce que les garçons occupent notre esprit, notre imagination, nos journées et… que ces moments entre filles, c’est pour un peu se reposer, messieurs, de vous aimer.
Vous connaissez la capsule « No comment » sur Euronews ?
J’aime bien le procédé.
• Grand Prix de l’Académie française : Jury 10 hommes, 2 femmes. Lauréats sur les vingt dernières années 14 hommes, 7 femmes (Amélie Nothomb et François Taillandier ex æquo en 1999)
• Goncourt : Jury En pleine révolution mais jusqu’à 2007, 5 hommes, 3 femmes. Lauréats… 18 hommes, 2 femmes
• Renaudot : Jury 9 hommes, 1 femme. Lauréats… 16 hommes, 4 femmes.
• Femina : Jury 10 femmes. Lauréats… 10 hommes, 10 femmes.
• Interallié: Jury 10 hommes. Lauréats… 19 hommes, 1 femme.
• Médicis : Jury 6 hommes, 4 femmes. Enfin, depuis la mort d’Alain Robbe-Grillet, 5 hommes. Lauréats… 15 hommes, 5 femmes.
