
Ne comptez pas sur moi pour vous révéler la recette de notre salade de prix : déontologie oblige. Je vous dirai juste que le prix France Culture Télérama remis à Véronique Ovaldé auteur d’« Et mon cœur transparent », chez l’Olivier, a changé la donne. Elle figurait parmi nos favorites.
Midi : les membres du Prix Lilas : Tatiana de Rosnay (vice-présidente), Carole Chrétiennot, Jessica Nelson et Stéphanie Janicot, du jury permanent et Isabelle Alonso, Eliette Abécassis, Noëlle Chatelet, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Audrey Diwan, Christine Ferniot, Michèle Fitoussi et Amanda Sthers et moi-même, se retrouvent pour le vote final à La Closerie des Lilas.
Tout commence par un tour de table suivi de débats des plus passionnants. Avec, comme toujours, l’éternel dilemme entre la ligne du Prix, la raison et l’audace, comme le note Tatiana. Les pros Zalberg défendent « La mère horizontale », (Albin Michel), un roman inter-générationnel, sur la chaîne des femmes à travers laquelle se transmettent tant de secrets lourds à porter, tant de blessures aussi ; les pro Tardieu insistent sur l’écriture d’un « Rêve d’amour » (Stock) à la portée de tous et poignant, un livre qu’on a envie d’offrir à sa grand-mère ; elles déplorent que « Chanson pour bestioles », (Actes Sud) de Cécile Reyboz soit difficile d’accès, mais traversé de fulgurances. Les pro Reyboz prennent très vite le dessus et finissent par convaincre les dernières réticentes. Les trois romans se retrouvent au 2e tour de scrutin. Au 3e, il ne reste que ceux de Cécile Reyboz et de Laurence Tardieu. « Chanson pour bestioles » l’emporte à 8 voix contre 5.
La Closerie a préparé une fête somptueuse : des lilas en pot, des buffets inventifs faits maison. Vers 19h 30, les invités commencent à arriver. Nous les accueillons à l’entrée. Sollers, Beigbeder… tout va bien ! Et Amélie Nothomb, une fidèle puisque c’est la deuxième année qu’elle vient. Acceptera-t-elle de faire partie du jury 2008 : je ne suis pas contre, dit-elle en pesant ses mots. Des éditeurs : Karina Hocine, Laurent Laffont, Sabine Wespieser (éditrice formidable qui a obtenu de nombreuses voix), Alain Noël… Des auteurs : Serge Joncour, Tonino Benaquista, Delphine de Vigan, Alix Girod de l’Ain, Jean-Marie Rouart… Des musiciens écrivains (Yves Simon), des réalisateurs (Philippe Harel et sa compagne, Sylvie Bourgeois, auteurs de « Randonnée à Saint-Tropez », le producteur, Jean-Jacques Albert), des patrons de presse (Fabrice Boé, à la tête de Prisma presse), des stylistes, des journalistes. Ce soir, la Closerie mêle tous les arts.
Avant que les Putafranges, deux D’jettes, ne lancent leur sono, « les charmantes pétroleuses », comme les appelle avec affection Pierre Vavasseur dans « Aujourd’hui en France » montent sur l’estrade : Brigitte Kernel (vice-présidente), Agathe Fourgnaud, Alexandra Lemasson, Isabelle Lorthorlary, Geneviève Moll, Nathalie Rheims, Christine Richard et les cinq membres de jury permanent du Prix Lilas.
Après une petite introduction de ma part où j’explique que cette année nous avons voulu distinguer des professionnelles et rendre hommage aux métiers du Livre, la présidente de l’Académie Lilas, Marie-Christine Imbault, journaliste à Livres Hebdo, remet le Lilas de l’éditrice à Héloïse d’Ormesson. L’éditrice plaisante : « Je vais être obligée de publier tout le jury ! ». Gilles Cohen Solal la rejoint et se sent un peu solitaire dans cette bande de filles. Le Lilas de la libraire est attribué à Laetitia Coq et Magali Garnero (Librairie A Livr’Ouvert, Paris 11e) ; le Lilas de l’attachée de presse à Anne Procureur, (Léo Scheer). Un peu gênée, celle-ci offre ce lilas à toutes ses copines. Beau geste !
Nouveau petit speech de ma part pour remercier Miroslav et Colette Siljegovic, nos mécènes et leur fille Carole Chrétiennot, notre amie qui s’investit totalement dans cette aventure, sans oublier nos partenaires complices, les maisons Montblanc et Veuve Cliquot… Remise du Prix Lilas à Cécile Reyboz, une femme radieuse, naturelle, très second degré, à l’image du Prix. “Un roman euphorisant et inventif où une jeune femme décide de faire ce qui lui plaît et acquiert son indépendance dans un monde imaginaire”. Flashs des photographes, cadeaux… Que la fête commence ! Je suis si soulagée que tout ce soit bien passé que je me lâche sur la piste avec Adélaïde.
Vers 22 h, des jeunes invités, fils et filles de certaines d’entre nous, arrivent : on danse, on boit, on fume dehors, ambiance bon enfant et chaleureuse. Vers une heure du mat, la salle se vide ; je remercie le directeur de la Closerie et me jette sur une charrette de fruits. Je raccompagne Marie-Christine Imbault et me couche à 2h du mat. Le lendemain, à 8h 30, un taxi m’attend pour Direct 8 ; encore sous pression, je n’ai jamais été aussi mauvaise en télé, mais je me sens portée par l’amitié et la bonne énergie qui circulent entre nous. Tant est rare autant de «bienveillance et de complicité » entre femmes, comme le dit joliment Amanda Sthers.

Chère Emmanuelle,Votre critique sublime in : Service Littéraire du bouquin d’Agnes Bouquet, in le blog de l’Odéon de ce jour :http://davidetceline.over-blog.com/Bien à vous, David Genzel