
Hier, mercredi 28 mars 2008 a eu lieu la remise du Prix Lilas. Pour la deuxième année consécutive, un jury de femmes a récompensé l’œuvre d’une femme. Cécile Reyboz a reçu pour son premier roman “Chanson pour bestioles” cette distinction. Cette année un premier roman paru chez Actes Sud, Chanson pour Bestioles qui a eu les égards du jury du Prix Lilas. 8 voix contre 5, au 3e tour. L’héroïne, Marthe, décide, un matin, de ne faire dans sa vie que ce qui lui plaît. Alors qu’elle vient de prendre un train pour rejoindre son père, celui-ci tombe en panne. L’occasion est trop belle : dans ce microcosme ferroviaire, Marthe observe les gens. La romancière a fait preuve, selon les membres du Prix Lilas, d’une grande imagination, de fraîcheur et de poésie. Cécile Reyboz s’est vu décerner ce second Prix Lilas à La Closerie des Lilas à Paris. Nombreux étaient ceux venus l’applaudir. Elle-même n’en revenait pas et ne savait plus où donner de la tête face aux crépitements des flash. Une belle entrée en littérature. Mont Blanc a remis à la primée un stylo plume Marlène Dietrich, édition limitée 1901 exemplaires. Miroslav Siljegovic, propriétaire de la Closeriee (et du Flore) lui a offert une invitation pour 2008 dans son restaurant. Et le représentant du champagne Veuve Clicquot l’a chargée de l’imposante bouteille “La Grande Dame”.
Dirigée par Elisabeth Barillé et Marie-Christine Imbault, l’Académie Lilas honore libraire, éditrice et attachée de presse. En 2008, les jeunes propriétaires Laetitia Coq et Magali Garnero de la librairie parisienne (mais dans les nominées la province avait la part belle) A livre ouvert, dans le 11e arrondissement. Héloïse D’Ormesson, fille de l’académicien Jean D’Ormesson a été saluée pour son travail au sein de sa maison d’édition fondée il y a trois ans à peine. Et Anne Procureur des éditions Léo Scheer a reçu le Lilas de l’attachée de presse.
Le Prix Lilas, le petit prix qui monte : Petit frère du prix anglais Orange Prize, le Prix Lilas a pour mission de récompenser la littérature féminine française (un auteur publié à la rentrée de janvier). A l’origine, ce prix est née d’une boutade entre Emmanuelle De Boysson (écrivain et critique littéraire pour Marie-Claire) et Jessica Nelson (auteur, membre du comité de lecture chez Plon, journaliste littéraire et programmatrice pour Vol de Nuit). “Et si nous montions un prix de femmes plus jeune que le Fémina ?” explique Emmanuelle de Boysson sur le blog du Prix Lilas. Il est vrai que dans le paysage de la littérature française, bon nombre de prix sont décernés par des hommes pour des hommes. Etrange car la majorité des lecteurs sont en fait des lectrices. Alors c’est décidé! Des femmes vont créer un prix pour des femmes.
Trois ans de travail, d’énergie auront été nécessaires pour que naisse ce projet. De rebondissements en découragements, il a finalement vu le jour en 2007. Son nom a plusieurs origines: lilas, pour évoquer la féminité, l’Orange Prize et en référence à la Closerie des Lilas, haut lieu de la littérature parisienne (Hemingway y a notamment écrit Paris est une fête) qui accueille la remise du prix. Les filles du Lilas optent pour un fonctionnement souple et novateur.
Le jury du Prix Lilas est en fait un double jury: cinq membres permanents: Emmanuelle De Boysson (présidente), Tatiana De Ronsay (vice présidente), Stéphanie Janicot (écrivain et journaliste littéraire), Jessica Nelson et Carole Chrétiennot (cofondatrice du Prix de Flore et de La Closerie des Lilas) et huit membres tournants, qui une fois l’année écoulée, rejoignent l’Académie Lilas. Outre des considérations pratiques, liées aux difficultés d’engagement sur le long terme, cela apporte chaque année de la diversité, des sensibilités différentes. Ce ne peut être qu’un plus. Encore fallait-il y penser… Les originalités, les audaces et la passion des fondatrices de ce prix sont donc multiples, et se sont sans doute elles qui attirent de plus en plus l’intérêt des professionnels, des médias mais aussi du public. Une petite révolution au féminin des plus bénéfiques dans le monde de la littérature.
